En nous référant à cette phrase fameuse d'Alfred de Musset qui a presque valeur d'adage, « Il n’y a pas de maîtres d’armes mélancoliques », on peut en déduire que ceux qui font profession d'enseigner l'escrime, tout autant que leurs disciples, sont gens de bonne compagnie, doués d’un sens « affûté » de l’humour. D'excellents dessinateurs satiriques ont puisé leur inspiration dans la thématique du duel ou de l’escrime sportive. Nous vous présentons quelques uns des dessins qu'ils ont eu la bonté de nous offrir.
Au fait, qu'est-ce que l'humour? Il est difficile de donner une définition concise qui englobe ce concept. Il est dit, entre autres choses, que c’est la faculté de prendre du recul ou de la distance par rapport à un événement ou un comportement, ou bien encore que c’est le pouvoir de se moquer de soi en acceptant, avec une bonne grâce réelle ou une complaisance apparente, d’être l’objet de plaisanteries.
Le philosophe Henri Bergson dans Le Rire voit dans l’humour l’art de considérer une situation ou un comportement insolite en faisant mine de croire que cela est usuel, tout à fait normal, voire idéal. C’est aussi l’art de porter son attention sur un détail et de prétendre y percevoir l’aspect essentiel. En d’autres termes, c’est souvent l’art de dire moins pour en dire tellement plus.
L'humour se situe aux antipodes de « l'esprit gaulois » ou du répertoire des plaisanteries dites de corps de garde. L'humour suscite habituellement un sourire amusé plutôt qu'un grand éclat de rire.
De plus, nous soulignerons qu'un humoriste qui a conscience de ses effets se doit d'être capable de contrôler ses humeurs ou ses réactions. L'art consiste à être aussi imperturbable qu'un joueur de poker, en s'interdisant toute autosatisfaction ostentatoire, c'est-à-dire de rire de ses propres remarques. L'humoriste se doit d'être un pince-sans-rire!
Il n’est pas surprenant que les dictateurs, les idéologues ou les militants de tous bords, forts de leurs certitudes ou convaincus que hors de leur chapelle il ne peut y avoir de salut, soient peu enclins à apprécier ceux qui osent les brocarder ou mettre leurs idées en doute.
Mais trêve de palabres et place aux artistes qui nous ont fait l’amitié de nous donner la permission de publier leurs dessins.